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Droits de l’homme et entreprises : la CNDH sensibilise les acteurs publics et prives sur la responsabilité des entreprises en matière de droits de l’homme

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), en partenariat avec l’Association Francophone des Commissions Nationales des Droits de l’Homme (AFCNDH), a organisé le mercredi 21 septembre 2011 à l’Hôtel IBIS Lomé Centre, un séminaire de sensibilisation sur la Responsabilité Sociale des Entreprises en matière de Droits de l’Homme. Cette rencontre qui s’inscrit dans le cadre du respect des engagements pris dans la Déclaration d’Edimbourg (octobre 2010) sur l’implication des Institutions Nationales des Droits de l’Homme (INDH) dans la promotion et la protection des droits de l’homme dans le contexte des entreprises, a été financée par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Outre les représentants de différents ministères, le séminaire a rassemblé le Patronat togolais, les représentants du Système des Nations Unies, les centrales syndicales, la société civile et quelques membres des Institutions de la République.

L’objectif de ce séminaire était de sensibiliser les acteurs publics et privés ainsi que la société civile sur la responsabilité sociale des entreprises et le rôle qu’ils sont appelés à jouer pour garantir le respect des droits de l’homme dans les sociétés ou entreprises. Il s’est surtout agi d’établir une plateforme de collaboration entre la CNDH, les autorités, et les acteurs concernés afin de veiller au respect des droits de l’homme dans toutes les entreprises du pays.

 

En effet, dans le contexte actuel de mondialisation néolibérale, le secteur privé qui ne cesse d’accroître son influence,  a tendance à porter atteinte aux droits de l’homme.  Au nombre de ces atteintes, selon Monsieur ALIOU CISSE, le représentant le Président de la CNDH, il y a la traite des êtres humains, le travail forcé et le travail des enfants, les atteintes à la liberté d’association, les expulsions forcées des peuples autochtones ou l’expropriation d’autres communautés locales de leurs terres pour cause de développement industriel ou de l’extraction minière, les conditions dangereuses de travail, la dégradation de l’environnement, les pratiques de corruption qui sapent la primauté du droit et la bonne gouvernance, le non paiement de salaires vitaux suffisants pour soutenir les travailleurs  et leurs familles, etc.

 

Ces atteintes qui ont cours dans presque tous les pays du monde ont conduit des chercheurs à définir en ce début de ce troisième millénaire, un nouveau concept appelé "Responsabilité Sociale des Entreprises" (RSE). Ce concept  désigne l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et à leurs relations avec toutes les parties prenantes.

 

Aussi la dixième (10e) Conférence internationale du Comité International de Coordination des institutions nationales pour la promotion et la protection des droits de l'homme (CIC),  tenue à Édimbourg, en Écosse, du 8 au 10 Octobre 2010, sur le thème  « Entreprises et droits de l'homme, le rôle des institutions nationales des droits de l'homme (INDH) » a-t-elle constitué le point de départ de l’engagement de la communauté internationale à lutter contre les violations des droits de l’homme dans les entreprises. 

 

A travers une déclaration dite "Déclaration d’Edimbourg", les participants ont reconnu que les entreprises peuvent avoir une incidence sur les droits de l'homme et que les activités des entreprises transnationales peuvent porter atteinte aux droits de l'homme. Aussi ont-ils ont mandaté les INDH à réfléchir aux moyens d’appliquer ou de renforcer leurs mandats, dérivés des Principes de Paris,  afin de promouvoir et protéger les droits de l'homme dans le contexte des entreprises.

 

En ouvrant les travaux, la Directrice Générale des droits de l’Homme, Madame Nakpa POLO, Représentant son Ministre de tutelle, a souligné que la rencontre de Lomé s’inscrit surtout dans la droite ligne des actions souhaitées ou envisagées dans un avenir proche par le réseau des institutions membres de l’Association Francophone des Commissions Nationales des Droits de l’Homme (AFCNDH).

 

Selon elle, ce réseau soutenu par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) avait ciblé certains pays africains dont le Togo pour tenir en septembre 2011 des sessions en vue de former les membres et le personnel des INDH, mais aussi un séminaire national de sensibilisation des acteurs publics, privés et de la société civile sur la Responsabilité Sociale des Entreprises en matière de Droits de l’Homme (REDH). 

Pour le Directeur-Représentant Régional de la Francophonie pour l’Afrique de l’Ouest, Monsieur Tharcisse URAYENEZA, il a souligné que l’engagement de l’OIF pour la promotion de la RSE, procède de sa conviction selon laquelle la rentabilité et la cohésion de toute entreprise (TPE, PME et Grande Entreprise) ne peuvent être viables, durables, équitables et véritablement productives, sans tenir compte de leur environnement humain, naturel et social. Selon lui, pour espérer un quelconque changement dans les pays en développement dont ceux d’Afrique, il faudrait que les Etats, actuellement peu présents dans le débat sur la RSE, se mobilisent et se dotent d’une législation en la matière.

 Avec les experts comme Olivier MAUREL et Aurélien ATIDEGLA, les participants ont eu à approfondir leurs connaissances sur les notions de Développement Durable, la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) et la  Responsabilité des Entreprises en matière de Droits de l’Homme (REDH), le rôle des INDH dans le contexte des entreprises et l’engagement de la société civile quant à la responsabilité des entreprises en matière de droits de l’homme.

 

Au cours des ateliers, les séminaristes ont passé au peigne fin les enjeux majeurs et suggéré des pistes de travail par rapport aux entreprises installées en zone franche au Togo, les activités portuaires, les activités extractives, l’industrie agroalimentaire, sans oublier le tourisme et les transports. Ils ont souhaité que ce genre de rencontre soit initiée au profit des chefs d’entreprises pour une meilleure prise en compte de la question de la Responsabilité Sociale des Entreprises.

Signalons que la veille déjà, c’est-à-dire le mardi 20 septembre 2011, les membres et le personnel de la CNDH avaient été les premiers à être initiés au concept de la responsabilité des entreprises en matière de droits de l’homme. C’était à l’Hôtel Saint Thomas à Lomé.

                                InnocentPOPOLE/CNDH-TOGO

 



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