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En prévention des conflits post-électoraux : la CNDH échange avec les Préfets et les représentants des candidats.

L’hôtel le Berceau de Notsé (ville située à une centaine de kilomètres au nord de Lomé, la capitale) a servi de cadre le mardi, 09 février 2010, à une journée de réflexion sur la prévention des conflits post-électoraux. Présidée par le Représentant du Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration Territoriale, cette rencontre a été organisée par la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) à l’intention des Préfets et des Représentants des candidats. L’activité s’inscrit dans le cadre de l’appui de la CNDH au processus électoral en cours pour un scrutin apaisé.

La journée de réflexion qui a vu la participation de cinq (05) formations politiques à savoir, le PDP, la CDPA, le RPT, le CAR et OBUTS, a pour but de prévenir les conflits post-électoraux. En effet, il n’est un secret pour personne que depuis plusieurs années déjà, les élections au Togo sont souvent émaillées de violences, exception faite des législatives de 2007. Pour éviter la réédition de ces violences à l’occasion de l’élection présidentielle du 28 février prochain, la CNDH, suite à la publication par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de la liste provisoire des candidats à ladite élection, a organisé du 22 au 28 janvier 2010 une tournée dans les Etats Majors des huit (08) candidats provisoirement retenus, avec pour objectif de discuter avec eux des comportements qui sont souvent à l’origine des violences électorales au Togo.

A l’issue de cette tournée, certains candidats ont reproché aux Autorités Administratives Locales et aux Chefs Traditionnels leur manque de neutralité. Selon ces candidats, les Préfets et Chefs Traditionnels les empêchent d’organiser leurs réunions ou manifestations publiques sous prétexte qu’ils n’ont pas obtenu d’eux une autorisation préalable et leur refusent l’accès à certains lieux publics…

Ainsi, la rencontre de Notsé entre Préfets et Représentants des candidats sous l’égide de la CNDH a été un cadre d’échanges et de discussions sur les problèmes qui peuvent entraver le déroulement normal de la campagne électorale et partant, constituer des germes de violences au lendemain du scrutin du 28 février 2010.

Du manque de courtoisie à l’égard des Préfets, de la méfiance des partis politiques à l’endroit des Autorités Locales, de l’impartialité des Préfets et des Chefs Cantons etc., sont autant de sujets passés au peigne fin au cours de cette rencontre. In fine, les participants ont pu aplanir leurs divergences et opter pour le strict respect des dispositions légales applicables pendant la campagne électorale.

En effet, le Président de la CNDH, Monsieur Koffi KOUNTE et le Directeur de l’Administration Territoriale, Monsieur Komlan MALAMBO, Représentant personnel du Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration Territoriale, ont demandé aux participants de respecter l’article 88 du code électoral. Cet article dispose : « Les réunions ne peuvent être tenues sur la voie publique. Elles sont interdites entre vingt-deux (22) heures et six (06) heures. La déclaration doit en être faite au préfet ou au maire au moins vingt-quatre (24) heures à l’avance, en leur cabinet, par écrit et au cours des heures légales d’ouverture des services administratifs ».

In concreto, pour éviter des frustrations pouvant conduire à des débordements des militants pendant la campagne électorale qui s’annonce, il a été demandé aux différents Etats-Majors des candidats de déposer leurs calendriers et programmes de tournée aux Cabinets des Préfets trois jours (72 heures) avant le début des manifestations afin de permettre aux Autorités Administratives de gérer rationnellement et l’espace et le temps pour une campagne apaisée. Selon les facilitateurs de cette rencontre, une fois les programmes et calendriers déposés aux Cabinets des Préfets, les relais locaux des Etats-Majors des candidats peuvent s’atteler à leur diffusion pour la mobilisation des électeurs.

Quant à l’accès aux lieux publics, les participants ont convenu que lorsqu’il s’agit d’un établissement scolaire, il sied d’obtenir une autorisation préalable du Directeur dudit établissement ou de l’Inspecteur ayant autorité sur l’établissement. Dans tous les cas, il a été admis que les activités des partis politiques ne devraient perturber le déroulement normal des cours dans les établissements scolaires.

Précisons que la campagne électorale pour la présidentielle du 28 février 2010 s’ouvre le vendredi 12 février à zéro heure.

                                                                     Innocent POPOLE/CNDH-TOGO